Jusqu'au jour où...
La situation sociale et financière de mes parents nous faisait quitter une HLM de soixante mètres carrés pour un pavillon de quatre vingt sur trois cents mètres carrés de jardin.
Certes, nous serions encore en location, mais pour un ouvrier et une employée administrative ayant toujours vécus et travaillés dans une grande ville, s’imaginer prendre l’apéro sous le parasol en regardant griller ses côtelettes sur le barbecue pendant que le « p’tit bout » s’amuse avec le chien sur la pelouse, c’était plus que le bonheur intégral, une sorte de paradis sur terre et au firmament. L’Eden absolu.
Le seul avantage des déménagements, est de faire du tri. Nous n’avions pas grand-chose, l’essentiel pour le quotidien et le superficiel dans les cadeaux imaginés par les amis ou la famille. Sur le dessus du buffet de la cuisine, légèrement enrobé d’une fine couche de poussière huileuse, un long objet, au poids respectable enveloppé de papiers journaux, solidement ficelé et sur lequel une grossière écriture au feutre noir, en partie effacée, faisait mention de : « chasse pépère ». Je descendis de la chaise avec le paquet dans les mains et questionnai papa sur son contenu. J’ignorais que mon grand père eut été un fin chasseur et que papa avait sauvegardé tout son matériel. Bien évidemment, pris par les cartons en priorité, papa me promit de me montrer le fusil du grand père et tous ses accessoires une fois le moment venu dans leur nouvelle maison, et pourquoi pas reprendre un permis de chasse ?
L’idée de toucher le fusil ne me déplaisait pas. J’étais même très impatient de l’avoir à l’épaule, viser et faire « paoum ! » deux ou trois fois de suite pour abattre froidement le monstre projeté de ma tête jusqu’à ma ligne de mire.
Le lendemain soir, à l’entraînement, les copains n’en revenaient pas ! Un fusil à double cartouche avec la crosse sculptée par mon grand père et le haut du fût finement ciselé. Il pouvait traverser le cuir d’un sanglier à plus de cent mètres ; du moins c’est tel que j’imaginais l’ensemble, j’avais juste pris un peu d’avance sur la découverte de l’arme à pépère.
Arrivé sur place, maman connaissait déjà un peu la ville pour s’y être rendue pendant deux jours avec papa, quand sa mutation lui avait été proposée. La seule chose qu’ils n’avaient pas vu, ni l’un ni l’autre était le pavillon, puisque aucun des logements dont l’usine était prioritaire, n’était disponible à ce moment là. Ce fut donc la même découverte pour nous trois, avec, pour chacun, le regard et l’émerveillement correspondant à notre statut respectif.
Pour papa, la véritable surprise était ce que l’agent immobilier appelait « le garage ». Il ignorait que la maison était sur un sous-sol total, pouvant ainsi accueillir la voiture, le coin bricolage, l’espace laverie et il restait encore une petite moitié de libre pour laquelle rien ne lui vint à l’esprit immédiatement. J’eus l’impression furtive que ce sous sol était même trop grand.
-Oh, tu sais, on n’a jamais trop de place ! Ça se remplira vite…
Il avait bien raison, car je me rendis compte un peu plus tard que plus on a de place et plus on entasse, on remplit, on empile, on garde, on range, on emballe avec, à chaque fois la même rengaine :
-Ça servira bien un jour !
Le jour où ça arrive, le jour où l’on en a besoin réellement, on a beau tout remuer, tout déballer et tout ouvrir, on ne retrouve que très rarement ce que l’on cherche.
-Pourtant, j’étais sûr de l’avoir gardé !
-Mais non, tu sais bien, on l’avait jeté en se disant qu’on s’en servirait jamais ?
-Quoi ? Jeter ça ? C’est pas possible !…
Exaspéré, on finit par « faire du tri », ce qui, en langage « papa », signifiait « on jette tout ». On retrouve alors une place considérable, tellement importante d’ailleurs que quelques semaines plus tard, j’assistais sans rien dire aux nouveaux entassements de paquets, boîtes et cartons, qui pourront sans aucun doute servir un jour ou l’autre. Maman, un peu moins conservatrice, faisait remarquer que l’on venait de faire du vide, car on ne s’était jamais servi des empilements précédents. Papa rétorquait par la réponse qui tue :
-Oui, mais là, c’est pas pareil ! Dit il d’un ton convaincu, malgré la similitude des colis et de leur contenu.
photo mystère
Qui suis-je ?
Même si je n'ai pas le bonheur de vous plaire,
Je n'en serai pourtant pas autrement surpris
Car vous auriez, lecteur; et beau dire et beau faire
Jamais je ne serais un jour de votre avis;
Même en me renversant, je vous en avertis,
Vous ne me feriez pas changer de caractère.
Petite phrase...
pour tous ceux qui se sont méchamment excités pour comprendre comment ça marche!
Une des règles du bonheur universel est la suivante : toujours se méfier des accessoires censés simplifier la vie qui pèsent moins lourd que leur manuel d'utilisation. (Terry Pratchett).
photo mystère
Vous avez pas été trop mal sur ce coup là...
photo mystère
Vous croiyez que j'en avais plus ?
Jolie énigme
Bonjour, ce n'est pas Maître Globie mais Isabelle et j'ai une jolie énigme pour vous (la question étant bien sûr : de quoi parle-t-on?) :
Je ne veux le cacher, quand je me trouve à point,
Je vais voir mon ami, je le prends, je l'embrasse,
Et si souvent son nerf entre mes doigts je passe
Que je le fais raidir, ne le voulut-il point;
Après le voyant prêt, gaillard et bien en point,
Mes deux cuisses s'ouvrant d'un assez large espace,
Je le mets entre deux, et si bien je le place,
Qu'on ne nous dirait qu'un tant de près il me joint.
Alors d'un maniement frétillant et adroit,
Remuant haut et bas, tantôt à gauche, tantôt à droite,
Entre mille douceurs, j'accomplis mon désir;
Et si parfois son nerf devient lâche et s'abaisse,
Avec les deux doigts si bien je le redresse,
Que plus qu'auparavant j'en tire du plaisir.


