24 janvier 2009

Insomnies

Et vlan !
Celui là est court mais particulièrement bien écrit. Je suis sûr que beaucoup vont se reconnaître !
cnatpa1_commelles1

Bien que l’on dise journal, je parlerai aussi de nuitnal. En effet, mes nuits sont habitées et pleines de sensations, du moins autant que mes jours. C’est le privilège des insomniaques, des mal dormeurs, des réactifs hypersensibles aux évènements de la journée. Ils les revivent la nuit, de manière différente mais aussi forte, et cumulent donc deux vies, comme d’autres cumulent deux emplois.
Isabelle

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Paradoxe

Voilà longtemps que Isabelle n'avait pas complété sa rubrique...

PARADOXE

J’y ai cru ! J’y ai tellement cru ! Toi, moi, les autres et « tous ensemble », surtout

« Tous ensemble ». Et puis plus rien. Silence radio. D’un coup ça tombe.

Je ne ressens plus rien. Je n’y arrive plus. Je n’arrive même plus à me rappeler comment c’était quand j’y croyais. Si, en fait, si, je me souviens. Je me souviens que paradoxalement, c’était confortable. Oui c’était confortable de penser que c’était possible. Qu’autre chose était possible. Confortable et rassurant. C’était tellement mieux de croire.

Alors ce soir, je les écoute, je les regarde et je m’étonne de mes propres pensées. Véronique Pingeon ! Je suis assise en face de Véronique Pingeon ! Pas si belle finalement, et encore moins de profil. Elle a beau avoir une sacrée couche de fond de teint, je le vois quand même son gros bouton. Ah bon ?! Les stars ça peut avoir des boutons ? Tiens, ça me fait penser qu’il faut que je change ceux de ma veste. J’en ai perdu un hier et du coup il faut que je les change tous. J’ai horreur de coudre. « Papa lit et maman coud », livre d’apprentissage de lecture du CP. Et bien pas moi, je n’aime pas coudre, j’aimais la broderie, mais coudre, non. En parlant de coudre, ce soir, ils n’ont pas fini d’en « découdre » justement vu le sujet et les invités. C’est bizarre comme je n’arrive pas à m’accrocher à leur conversation. Je vois des visages, des bouches qui s’ouvrent et se ferment, et moi je regarde, me sentant idiote sur ma grande chaise en me demandant, finalement, ce que je fais là. L’homme de gauche est à ma droite. J’aime bien son blouson. Il est classe. Lorsqu’il tourne la tête je vois ses yeux verts qui me donnent envie de m’y perdre. Mais j’ai une petite préférence pour les mains de l’invité qui est en face de moi. Deux belles mains altermondialistes. Elles se déplacent avec élégance et moi je les suis du regard. Elles m’attirent et m’entraînent dans leur danse. Je l’avoue, j’aimerais bien qu’elles dansent sur moi. Hier soir, en rentrant du travail, dans le métro, j’ai vu une femme assise par terre avec un panneau à la main : « j’ai faim ». Cette femme a le même âge que moi, elle est propre, digne, ne semble absolument pas alcoolique, elle a le regard triste et gêné. Peut être que tenir le petit panneau lui permet de ne pas avoir à tendre la main. J’ai été troublée car j’ai tout de suite senti, comment dire, une nouvelle sorte de misère. Je me suis dit que cela pourrait être moi. Tout va si vite. Soudain j’ai entendu la voix du présentateur : « et vous ? Quel est votre avis ? ». Il y a eu un blanc. Je les ai regardé un par un, l’ai un peu abruti certainement. Et puis je me suis penchée vers mon sac à mains, j’en ai extrait mon carnet de chèques, je l’ai ouvert, on pouvait voir le dernier chiffre noté et j’ai répondu la seule chose qui m’est venue à l‘esprit à ce moment là : « je ne pense pas Monsieur, je calcule ».

Isabelle

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23 janvier 2009

Sur la route des salamandres

salamandre1_artLa forêt d'Orient, qui est à deux pas d'ici (Bar sur Aube) est le deuxième site migratoire en France des batraciens. De février à mai, ce sont près de 40000 batraciens qui migrent vers la mare où ils sont nés... C'est beau non ?

Et bien, si vous trouvez que oui et qu'il vous intéresse de les aider à rejoindre le cocon ancestral, dites le moi, des bénévoles (dont je fais partie) sont réclamés et attendus.

Pour se rendre en Forêt d'Orient, il faut, bien évidemment changer à Gare de l'Est et prendre la direction Troyes/Bar sur Aube...

Garanti : C'est mieux que le dahut ! 

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Publication & édition

Je veux avoir mon livre dans ma bibliothèque !....

http://www.lireine.fr/autoedition.html

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21 janvier 2009

L'inaperçu

J'étais éperduement amoureux de l'écriture de Sylvie Germain (Le livre des nuits, Nuits d'ambre, Jours de colère...). Comme un amant désespéré d'avoir attendu aussi longtemps, je me suis précipité sur son dernier ouvrage : L'inaperçu.
Cruelle déception ! Sylvie n'est plus. Elle n'a plus cette violente frappe des mots, ce style tort boyaux qui vous coule dans une peau d'écorché vif, la passion, la fougue et l'entièreté des personnages, je n'ai rien retrouvé.
Je suis malheureux de savoir que c'est peut être moi qui ai changé ? Pas elle, non, pas elle...

Sylvie, aide moi !

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20 janvier 2009

Et maintenant?

Ayant cédé à un odieuuuux chantage titillant ma curiosité, je me suis inscrite. Le maître de ce glob m'a dit : "écris dans n'importe quelle rubrique, je ferai le nécessaire".
Alors, voilà, c'est fait et j'écris : Et maintenant, c'est qui cette personne mystère?

Tu sauras bientôt...
Merci pour ta participation ! Curieuse va !
Lireine (alias Globie)

Posté par nane 12 à 22:26 - Commentaires [4] - Rétroliens [0]
18 janvier 2009

Exposition

Bon, ça y est ! C'est signé !
Expo des peintures de Nicole à la maison des lacs tout le mois de juillet 2009 et tout le mois d'août pour mon expo photos.

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Prenez date !

Une rencontre entre écrivains et le public de Bar sur Aube est prévue à la Médiathèque le samedi 28 mars (je sais, c'est loin, mais il vaut mieux le savoir maintenant).
Ce sera mon premier rendez vous public...
Venez nombreux !

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Clip vidéo

Sur le site, le premier clip de la serie "TEXEL"
Désolé, la qualité sur le net est décevante...
huitrierchevalier

Bientôt les autres quand même...

Posté par lireine à 16:38 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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Banlieue parisienne nord (2è épisode)

L’habitation n’est pas bien grande, une grande pièce de vie sur une cuisine ouverte au rez-de-chaussée, un tout petit vestibule, une cage d’escalier abritant des toilettes, et desservant deux pièces et une salle d’eau sous rampants.

Dans la cuisine, une trappe située sous la table donne accès à une magnifique cave voûtée. A gauche, l’appentis qui prolonge la façade. A l’opposé, le garage ; entre lui et la cuisine, le petit vestibule qui s’ouvre directement sur le large trottoir qui borde la nationale. L’ensemble de la maison et ses annexes communique par différents accès, jusqu’à un escalier extérieur descendant du couloir de l’étage sur le jardin. La cave est la seule « impasse » de la maison.

Toutes ces percées, ces accès, ces issues avaient été réalisées en vue d’une location éventuelle d’une des deux chambres, pour assurer le maximum d’autonomie à ses habitants. Une grille en fer forgée, au fond du jardin, constituait l’ultime issue de secours qu’il aimait emprunter lorsqu’il n’avait pas besoin de la voiture.

Cet accès donnait sur le quartier le plus ancien de la ville, dans lequel subsistaient quelques vestiges moyen-âgeux. Des enseignes, les ruines d’une des portes de la ville et des maisons bourgeoises aux portes cochères impressionnantes. Les rues avaient conservé des noms évocateurs également, rue des fileuses, rue de la paume, place du Prévost de la ville…

Une identification imagée des différents endroits de son pavillon lui plaisait bien ; ainsi, chaque coin du jardin avait été baptisé et fait l’objet d’une inauguration : « Rue des piquants », sous l’appentis, au milieu du tas de bois, nichait toute une famille de hérissons. « Place de l’omelette aux légumes », au fond du jardin, où s’étalaient les cent mètres carrés de potager et le poulailler, et enfin, l’ « Avenue de moi-même », car il était persuadé de faire l’objet, à titre posthume ou non, d’une reconnaissance au moins communale, pour tous les efforts, les activités et l’énergie dépensés à animer sa ville, ou, du moins à y participer.

Pour l’heure, après avoir allumé ses deux lanternes, il se prépare une soupe aux champignons récoltés dans les bois cet automne. La grande pièce, éclairée par l’insert et les deux lampes à huile, ressemble à un Rembrandt. L’odeur des champignons, le bois qui claque et les ombres dansantes le rend paisible et confiant. Pendant qu’il tourne d’un geste mécanique la cuillère en bois dans la casserole, la neige continue à s’épaissir sur le rebord de la fenêtre. Il faut qu’il sorte pour inspecter le toit et l’éolienne avant d’aller dormir. Il éloigne la casserole du feu, remet le couvercle et laisse mijoter le temps de faire sa ronde. En entrant dans le garage, il sent une très grande différence de température, enfile ses vêtements chauds, et sort côté jardin.

Jamais il n’a connu pareille épaisseur de neige à cet endroit. Obligé de traverser la terrasse pour aller chercher une pelle sous l’appentis, il avance en levant les pieds le plus haut qu’il peut sans pour autant réussir à dépasser la couche neigeuse. La hauteur des bottes n’y suffit pas. Il déblaie tant bien que mal les quelques mètres qui lui permettront de voir le faite du toit, et arrivé à l’endroit, rassuré que l’éolienne tourne vigoureusement, vérifie que les poules ne risquent pas de s’enrhumer en ôtant la neige accumulée sur leur dortoir…

Il prend quelques bûches, repose la pelle, traverse à nouveau la terrasse pour se rendre dans le garage. En entrant dans la maison, il est saisit par la même différence de température, mais plus agréable cette fois ci. Il dépose le bois sous l’insert, retire ses chaussettes et son pantalon de jogging, pour les mettre à sécher sur le dossier d’une chaise, face à la cheminée. Cette sensation de chaud lui procure tellement de bien-être, qu’il se met à onduler devant le feu, comme on aurait tourner la broche d’un « döner kebap » pour le faire rôtir.

Rassasié de chaleur, il retourne à sa soupe et, en rapprochant la casserole de la plaque, remarque à travers la fenêtre, un véhicule qui, après une longue glissade sur la route, vient taper le trottoir en s’immobilisant à dix mètres à peine de son pavillon.   

Intrigué, il reste flanqué derrière sa fenêtre en continuant à tourner machinalement la cuillère dans la soupe, les yeux rivés sur la voiture. Il distingue une toute petite lueur verte à l’intérieur de l’habitacle malgré la chute de neige, le vent et le relatif éloignement du véhicule.

-« Il doit être en train d’appeler des secours ? »

Quelle lumière pourrait correspondre à autre chose qu’un téléphone portable ?

Après quelques minutes d’observation en soufflant sur son bol, la porte côté conducteur s’ouvre péniblement et en sort une silhouette, apparemment féminine, qui se dirige avec peine, vers le pavillon juste en face de sa voiture.

Ses sourcils se froncent car il sait que la maison vers laquelle la silhouette se dirige est provisoirement vide. Tout comme celle qui est voisine de la sienne. En cette veille de réveillon, ses retraités de voisins, sont partis faire bombance chez leurs enfants. Considéré comme une personne de confiance dans le quartier, il est dépositaire de cinq trousseaux de clés, appartenant à cinq pavillons environnants, dont les propriétaires l’avaient pris en affection.

Plus de doutes possibles en la voyant s’approcher péniblement de la porte de sa maison ; c’est quelqu’un qui cherche de l’aide !

Posté par lireine à 16:20 - Commentaires [0] - Rétroliens [0]
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