Bar sur Aube
J'ai profité d'un rayon de soleil hier pour aller me promener en fin d'après midi dans les rues de ma cité. 
L'air était doux comme aux premiers jours de printemps. L'eau calme et transparente. Les oiseaux en éveil, même les passants semblaient heureux et souriants... C'était vendredi aussi avec ses 35 heures et son après midi, bistrot loto apéro.
Je devais impérativement faire une petite moisson d'images pour l'atelier de mercredi, puisque l'approche de l'expo se fait grandissante. Certes, elle n'est prévue qu'au mois de juin, mais....
Et puis l'idée d'une participante m'a beaucoup plu. Pour sortir de l'expo classique, parfois rasoir, voire chiante, il nous faudra de l'animation...
Et au fur et à mesure que l'on regardait nos premières images, les mêmes questions se posaient :
"C'est où ça" ?
"Ah là je sais c'est la rue machin..."
"Ben non eh, c'est quand t'es devant le pont et que tu regardes l'église !"
"T'es sûr ?"
Bref, un jeu est né rapidement : Où est-ce ? 
Nous nous sommes donc imposés un challenge, faire de la photo dans notre ville (puisque le thème sera "Bar sur Aube") de lieux, d'endroits, de détails qui sera assemblée sous forme
de questionnaire et le gagnant, donc celle ou celui qui aura trouvé les 10 bonnes réponses le premier, pourra choisir une des photos de l'expo pour lui même personnellement... Chouette non ?
Ensuite, s'ensuivra peut être pour les enfants, un "rallye images/énigmes" dans la ville sur le thème "Connaissez vous Bar ?"... Si c'est bien fait, ça devrait plaire, encore faut il trouver les cadeaux appropriés... Pour la partie "énigmes" en tant que première des 3 villes des foires de champagne médiévales, je vous garanti qu'il y a de la matière...

Tout ça n'est qu'un gros fatras d'idées et d'envies pour que ça bouge et surtout que ça plaise, pour en arriver à un but avoué : Un festival de l'image à Bar qui regrouperait des vidéos, des films, des photos, diaporamas et tout ce qui se rapporte à l'image au sens large ; peintures, dessins, affiches, portraitistes de rue, caricaturistes...
Y'a du boulot hein ? Ouais je sais. Mais sinon, on vivrait pour quoi, hein ?
Voilà, je vous laisse à mes rêveries d'un après midi ensoleillé à Bar sur Aube.
Impressionnée
Un seul qualificatif : Excellent !!!
Impressionnée
Je rentre dans une citadelle. Une citadelle génératrice de fantasmes. Des murs, des murs, des murs. Instinctivement je baisse la tête, puis les yeux. Pourquoi ? Je ne sais pas.
Valse des cartes d’identités, échange contre un numéro, le 79, sans identité donc, je passe la porte.
Portique, la peur soudain qu’une sonnerie ne se déclenche, et alors ?
Me voilà passée de « l’autre côté ». Je me sens idiote devant deux immenses portes /grilles habillées à hauteur d’homme d’une serrure. La serrure. Forcément je lève la tête et regarde en haut, tout en haut, je me sens petite, si petite, toute petite. Je me sens un 79 minuscule. J’aperçois derrière cette frontière grillagée un long, long couloir.
ILS sont là donc. Soudain on me demande mon jeton frappé du numéro 79.
Pour atteindre ce couloir il faut rendre son numéro. Je n’ai plus d’identité et je ne suis même plus un numéro. Pourquoi ? Je ne sais pas. Laissez-moi être au moins un numéro, le 79. Et ce couloir qui n’en finit pas. Des bruits, des silhouettes qui passent.
Des ordres nous sont donnés. Rester à droite, en rang, et à droite, toujours à droite, et,
si on LES croise, surtout rester bien à droite. C’est une habitude, une coutume, un code.
Des bruits confus parviennent dans ma tête. Il y a donc du bruit à l’intérieur ? Nous marchons. Il fait froid, terriblement froid ici. Parquet au sol et murs jaunes « faux soleil ». Murs sur lesquels sont accrochés par ci par là de manière incongrue, des toiles. Que cherche-t-on à cacher derrière ces toiles ? Ou que cherche-t-on à montrer ?
Au bout du couloir des espaces divisés à nouveau par d’autres grilles et puis des hommes sont là, des hommes qui travaillent. Je croise ces hommes mais je ne sais pas qui est qui, bleu uniforme, bleu de travail. Au-dessus de nos têtes, trois étages, avec des portes tout le long des murs qui me font penser, aller savoir pourquoi aux anciennes piscines. Et puis entre chaque étage des filets sont tendus, sommes-nous dans un cirque où les équilibristes de la vie risquent de tomber à chaque moment ? D’où me vient d’un coup cette impression qu’ici il est plus important de ressentir que de voir ? Moi, derrière ma frange et malgré le bruit de la vie que j’entends partout autour de moi, je m’imprègne d’une grande tristesse qui rentre dans tous les pores de la peau.
Paradoxalement, lorsque nous arrivons au fil de la visite, dans le lieu où là règne le silence, accueilli par le maître les lieux qui me donne l’impression que j’ai deux ans, cette absence de bruit qui me paraissait plus conforme me résonne dans la tête et m’étouffe. Tout est étouffé dans cet endroit ci, et le malaise s’installe. Inévitable. Pourquoi ? Je ne sais pas.
Des sensations, mais pas de véritable rencontre. Et pourtant c’est un choc.
Nous sommes mardi 12 janvier. J’ai visité la prison de Fresnes.
Isabelle
Dictons, maximes et pensées
Ainsi vivras-tu comme un dieu parmi les humains, car il n'a rien de commun avec un vivant mortel, l'homme vivant parmi des biens immortels.
Epicure
"Lettre à Ménécée"












